102 L’individu comprendra, parmi l’ensemble des pièges que la spiritualité lui tend…

L’individu comprendra, parmi l’ensemble des pièges que la spiritualité lui tend, que la notion de terre mère (Gaïa) s’inscrit dans l’épaisseur du mensonge cosmique présenté ici sous des formes attrayantes de retour aux sources alors qu’elle repose sur un type particulier d’aliénation à un certain système de valeur. Ce piège spirituel mettant au centre Gaïa comme principe central de la vie de l’individu appartient à l’éternelle mécanique de la croyance psychologique. En l’occurrence ici la croyance en l’existence de lois extérieures à lui, ici des lois naturelles, qui régiraient, pour le bénéfice de l’individu, son existence. À partir de cette croyance, l’individu peut ériger des règles individuelles et communautaires qui lui servent de cadre de référence pour se définir dans son rapport à la vie et dans son rapport à l’autre. Parmi ces règles, le retour à la terre et le travail paysan figurent parmi les principes fortement valorisés qui peuvent conduire, si l’individu n’est pas suffisamment vigilant et centré dans son identité propre pour toujours maintenir une relation d’équilibre avec elle, une forme d’aliénation à la terre calquée sur une logique de dur labeur déjà connue dans l’histoire de l’humanité. Dur labeur qui n’est qu’une forme, parmi d’autres, de sacrifice de soi en rapport avec des lois qui ont fait autorité depuis des lustres sur lui, son corps et sa psyché. À l’ère d’une société industrielle qui a expérimenté toutes les formes possibles d’anéantissement du vivant, le rêve de Gaïa peut agir comme un retour à une forme archaïque de soumission à des lois naturelles qui, à terme, doivent être dépassées par l’individu ayant compris qu’au cœur de sa conscience, sa volonté son intelligence et son amour pour le vivant doivent s’allier pour inventer de nouvelles formes de rapport à la terre où cette dernière, qui a été sacralisée depuis la nuit des temps, ne soit plus vécue comme une déesse face à laquelle il s’agit de s’agenouiller pour y trouver son identité. Car derrière la face divine d’une forme sacralisée, il y a toujours le visage du mal inscrit dans la polarité de l’existence involutive.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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