Le sentiment de frustration que l’individu peut rencontrer dans sa vie est l’émanation des frontières de sa programmation qui se manifestent régulièrement dans son existence afin de le maintenir dans une impression diffuse et permanente d’inaccomplissement, de manque, ou encore d’impuissance. Ce sentiment de frustration amène avec lui une diminution de soi au sens d’un renoncement, d’un vécu écrasant plus ou moins fort qui peut d’ailleurs se manifester dans les corps physique et subtil de l’individu par un poids qui s’alourdit au gré des frustrations rencontrées. Cette situation inhibe l’individu dans sa vie. C’est-à-dire qu’elle le maintient subtilement prisonnier d’une fausse impression de lui-même le conduisant à croire que ces impressions d’impuissance produites par les multiples frustrations qu’il connaît viennent de lui, font parties de son identité. Cela au point de penser que s’il vit ces impressions c’est parce que quelque part, il ne sait pas très bien où, mais quelque part, il l’aurait bien mérité. Cette mécanique psychologique subtile, profondément ancrée dans le mental inférieur de l’individu et dans la matière de son incarnation du fait même des impressions vécues dans ses corps, est la source absolument mensongère d’un sentiment d’illégitimité qu’il entretient malgré lui au fil de sa vie. Cette forme d’illégitimité larvée peut conduire l’individu à penser qu’il est sans valeur, ou encore qu’il aurait moins de valeur que ce qu’il projette par ailleurs à l’extérieur de lui-même, se comparant alors à autrui pour rationaliser sa tendance à se blâmer lui-même ou bien à se renfermer dans une forme d’orgueil désespéré et, à terme, désespérant pour lui-même. En regardant cette mécanique de très près comme étant totalement extérieure à lui, l’individu peut alors commencer à faire cesser son inféodation à des pensées et à des impressions qui cachent savamment le réel en lui. En prenant la mesure de l’insulte absolue qui lui est faite par cette mécanique intérieure, l’individu peut alors sentir en lui monter cette colère terrible, feu de son esprit, qui est mise à disposition de son mental supérieur pour éradiquer toutes les sources de dévaluation de lui-même qu’il a endossées pendant des années au point de s’identifier à elles. En comprenant le mensonge dans toute son étendue, l’individu reprend alors « du poil de la bête » pour trancher dans le vif et ne plus se laisser conter d’histoire dans son mental. Il se libère alors de toute forme de croyance faisant de lui un être sans valeur et réhabilite alors en lui sa souveraineté et sa noblesse face à la vie.
Sandrine Vieillard