L’individu est amené, à terme, à prendre la mesure du pouvoir phénoménal que la pensée exerce sur lui, c’est-à-dire sur son émotivité et par extension sur sa manière de traiter avec la vie. Lorsqu’il s’engagera pour lui-même à dompter intégralement les effets mensongers de sa pensée sur son corps émotif, l’individu sentira grandir en lui une énergie de vie qui ne pourra plus être influencée par les vents contraires des événements oppositionnels qui lui sont présentés. Il verra grandir en lui une nouvelle identité dont les assises ne dépendront plus des formes extérieures à lui. Cette identité, cette énergie, qui deviendra de plus en plus centrique et puissante au fur et à mesure que l’individu parviendra à déjouer toutes les formes mensongères auxquelles son âme est habituée à vibrer, sera son savoir intérieur. Savoir à partir duquel l’individu sera en mesure de se donner un cap en rapport direct avec sa propre énergie interne. En cessant de se laisser influencer et berner par ses pensées polarisées, l’individu parviendra à une définition de lui-même qui lui procurera le discernement nécessaire pour ne plus se sentir divisé, diminué ou impuissant intérieurement afin d’accéder ultimement à la capacité de ne plus vivre de division avec autrui parce qu’en devenant l’esprit qu’il habite, il verra en l’autre la même énergie qui appelle la manifestation d’un rapport d’égal à égal.
Sandrine Vieillard