Dans ses relations à l’autre, l’individu peut, au fil des ans, sentir une récurrence des mêmes impressions qui viennent colorer négativement son sentiment de lui-même à un point tel parfois que cela le conduit à ressentir une souffrance plus ou moins diffuse qui lui colle à la peau et dont il ne comprend pas la cause profonde. Cette souffrance venant troubler son rapport à lui-même, l’individu, qui n’a la plupart du temps bénéficié d’aucune instruction en la matière, développe un réflexe de survie mentale consistant à tout faire pour évacuer cette souffrance sans jamais y parvenir, renforçant ainsi en lui un sentiment de dévaluation subtile liée au constat de sa pseudo impuissance à se libérer de ce qui étreint sa conscience et l’empêche d’apparaitre à lui-même et aux autres dans le réel de son essence. Si l’individu ne parvient pas à se libérer de sa souffrance c’est parce qu’il se réfléchit. C’est-à-dire qu’il recherche dans la structure mémorielle de son mental toutes les raisons affectives, morales, rationnelles, … lui permettant de trouver une explication à son mal être. Automatiquement, cette réflexion débouche sur un mode de résolution par lequel l’individu finit par se blâmer, blâmer l’événement ou encore blâmer l’autre. Quelle que soit l’option choisie pour sécuriser son égo au travers de la rationalité de son mental, l’individu se retrouve sans le savoir, à diffracter ses énergies pré-personnelles et à se condamner à revivre par la suite la même récurrence d’impressions… jusqu’au jour ou n’en pouvant plus de les subir sans savoir comment s’en défaire, il finit par aller voir de plus près de quoi sont faites ses impressions pour en goûter la nature sans appréhension et comprendre qu’elles sont l’expression de sa déchirure originelle qu’il doit traverser sans diffracter pour récupérer l’intégralité des énergies qui sont les siennes. Parvenu à cette compréhension, l’individu peut alors se laisser traverser par sa déchirure dans la conscience intégrale que cette traversée est le chemin d’évolution par lequel il restaure sa capacité à se rapprocher du réel en lui pour ultimement apparaître dans sa transparence.
Sandrine Vieillard