En cessant d’avoir peur de ce qui est grand en lui, l’individu comprend graduellement que ce qui produit ces peurs est le fruit de son aveuglement vis-à-vis du réel derrière les événements de l’existence qui le conduisent par exemple à se vivre comme étant petit, impuissant, faible, influençable, inconsistant, inconstant, … Ces sentiments empiètent toujours d’une manière ou d’une autre sur son aptitude à s’incarner pleinement dans sa vie terrestre sans avoir à douter de sa légitimité à être à tous les niveaux de son existence. Ce défaut d’incarnation engendre des fuites psychologiques dont, par exemple, l’autojustification ou encore la rationalisation, que l’individu utilise pour se donner raison dans le but de trouver la réassurance psychologique nécessaire permettant de maintenir ce qu’il croit être son identité au travers des filtres de sa personnalité qu’il projette sur lui-même et sur les autres. Cette fausse identité finit un jour par craquer du fait des tensions qui sont vécues en lien avec les divisions incessantes qu’il vit à l’intérieur de lui-même et dans ses relations avec autrui. C’est à ces moments que l’individu fait l’expérience de la souffrance dont l’intensité est à la mesure de son incompréhension vis-à-vis des raisons pour lesquelles il vit ces expériences. Parvenu à un certain seuil de souffrance, il ne peut faire autrement que de chercher à calmer cette dernière par la compréhension intégrale de ce qui s’exprime en lui afin de recontacter ce qui est réel dans sa vie. La souffrance opère alors chez l’individu comme un levier pour aller à la rencontre du mensonge cosmique et faire exploser toutes les formes connues qui s’imposent à sa psyché pour le limiter dans sa vie. Par ce processus radical, l’individu comprend qu’il ne peut plus croire aux pensées et aux impressions ayant servi par le passé à sécuriser un égo factice.
Sandrine Vieillard