La femme qui prend conscience d’elle-même est conduite à s’acheminer graduellement vers une plus grande définition de ce qui doit rester intégral en elle. Ceci passe notamment par sa capacité à renverser psychiquement tout ce qui, du fait de sa sensibilité et de son mouvement premier à aimer, peut la maintenir dans un état de dépossession d’elle-même vécu au travers des multiples formes de domination qu’elle peut subir en lien avec sa tendance à se sentir responsable d’autrui ou encore dans celle de croire que l’expression de l’énergie masculine est première par rapport à la sienne propre. Ce débalancement intérieur, si profondément engrammé dans ses corps au fil de l’histoire de l’humanité, peut la faire vibrer à des formes de relations qui trahissent toujours pour finir son manque d’identité, c’est-à-dire sa croyance, diffusée partout en elle, qu’elle ne peut se connaître qu’à partir des énergies masculines qui s’expriment à son égard. En se fiant à ces énergies qui sont, à ce stade de l’involution, la manifestation d’une forme divisée d’une polarité masculine elle-même dominée par des forces descendantes agissant pour dominer le féminin, la femme fait régulièrement l’expérience de ne jamais pouvoir être vue dans sa sensibilité réelle. Au-delà du fait que cela déclenche potentiellement chez elle une grande souffrance et une lente assimilation de sentiments contribuant à des formes très subtiles de dévalorisation, cette croyance la maintient dans une fausse identité d’elle-même. Lorsque la femme décidera de faire vivre sa vision de l’amour sans jamais oublier de se respecter, elle sera en mesure d’être reconnue dans son esprit. Lorsque la femme décidera de se respecter tout ayant une pleine compréhension de la souffrance de l’homme venue de sa difficulté à s’arracher aux forces descendantes qui le détournent de la beauté en lui, elle apparaîtra alors dans son intégralité.
Sandrine Vieillard