Lorsque l’individu cherche ce qui est intelligent en lui, non pas ce qui est moral, mais ce qui est intelligent en lui, il met le doigt sur une frontière qui délimite une zone connue de sécurité psychologique où se perpétuent ses manières de penser et de réagir face à lui-même et à autrui, et d’autre part une zone inconnue dont il pressent les potentiels bénéfices pour sa personne mais vers laquelle il ne s’aventure pas du fait de l’ignorance qu’il a de sa propre autorité à faire cesser les impressions et à arracher les voiles émotifs lui-faisant croire qu’il n’est pas en son pouvoir de franchir cette frontière. Cette limite invisible existant dans la psyché de l’individu est maintenue par le travail incessant des forces astrales infiltrant son mental de pensées, d’émotions, et d’impressions ayant toutes vocation à infuser en lui une vision étriquée de lui-même, c’est-à-dire à le garder dans la croyance de son impuissance face à la vie. Lorsque l’individu cherche ce qui est intelligent en lui, il s’approche de cette frontière qui est à la mesure de son sentiment d’impuissance. Plus l’individu mobilisera de l’énergie mentale pour faire cesser, jour après jour, les impressions qui alimentent ce sentiment d’impuissance, plus il verra cette frontière se réduire, jusqu’au jour ou il pourra prendre la mesure de la puissance dont il est capable dans sa capacité à ne plus se laisser impressionner par les événements de l’existence qui le placent systématiquement dans une situation d’assujettissement à un ordre plus grand que lui.
Sandrine Vieillard