La confiance en l’autre n’est pas réelle car elle prend appui sur des systèmes de valeurs ou des principes moraux qui relient les individus dans l’enchevêtrement d’un cadre psychologique limité les rendant affectivement et psychiquement dépendant les uns des autres au sens ou chacun accorderait sa confiance à l’autre selon sa propre grille de lecture et selon la capacité de ce dernier à s’y conformer. Ce rapport de confiance, outre qu’il est susceptible de créer des rapports de domination subtile, est une forme de relation condamnée à connaître tôt ou tard la division car chacun jugera la possible incartade de l’autre à l’aune de son degré de tolérance elle-même assujettit aux insécurités de son égo. L’individu comprendra un jour que la confiance en l’autre n’existe pas. Qu’elle constitue un vaste mensonge derrière lequel l’individu ne saisit pas encore la nécessité absolue de se faire confiance à lui-même d’abord dans sa capacité à se défaire des voiles qui colorent sa relation aux autres pour apparaître dans sa transparence et dénoncer toutes les influences astrales susceptibles de mettre en péril sa transparence vis-à-vis d’autrui. Lorsque deux individus suffisamment conscients d’eux-mêmes et des pièges occultes pouvant manipuler la psyché de l’un pour mettre l’autre en initiation se rencontrent, ils savent que leur conscience, dont la visée ultime est de toujours conjuguer leur volonté, leur intelligence et leur amour pour se respecter et respecter l’autre, n’a nullement besoin de se construire le sentiment d’une quelconque confiance en l’autre pour assurer la continuité de leur relation ou pour décider d’en faire cesser la forme.
Sandrine Vieillard