L’individu peut décider de cesser d’aimer sa souffrance en cessant de la considérer comme l’expression normale de la condition humaine mais plutôt en la regardant comme étant la manifestation d’un mensonge cosmique qui s’est engrammé dans ses corps au fil des millénaires et dont il doit aujourd’hui repérer tous les avilissements pour en arracher les grains sertis dans ses cellules vibrant à chaque occasion susceptible de réactiver la mémoire des souffrances passées. L’individu peut changer de disque en comprenant que l’usure subie par son égo à travers les formes de l’existence qui le mettent en initiation, est un processus de désencombrement de son mental qui à terme lui donne une assisse absolue ne dépendant plus d’aucune forme matérielle ou psychologique. À ce stade, l’individu n’est plus impressionnable et ne cherche plus à impressionner par les résistances de son égo au réel de sa vie. Il est ouvert à ce qui est vaste en lui, comprend ses ressentis et ne se laisse plus compter d’histoires par les forces de l’astral qui veulent le maintenir ad vitam æternam dans une position de soumission à toutes les formes que peuvent prendre le martyr et la souffrance et dont la valeur qu’il leur a accordée durant des siècles est la pire des dominations de l’invisible sur lui. Fort de cette souveraineté construite sur les plans, l’individu se prépare à instaurer les conditions d’une autre manière de vivre en ce monde.
Sandrine Vieillard