Lorsque l’individu habite la totalité de son corps dans une écoute de ce qui résonne avec l’infini en lui, il développe une extrême sensibilité à l’égard des stimulations sensorielles de son environnement. Il peut par exemple s’agir de l’exposition aux sons ou encore ce que l’individu absorbe pour se nourrir. Devenant de plus en plus centrique, c’est-à-dire conscient de ce qui doit être rassemblé autour de lui en vue de se respecter intégralement, l’individu ne peut plus s’exposer à des environnements dont le taux vibratoire constitue une source de débalancement de ses corps. Cette situation n’est pas décrétée de manière égotique par l’individu qui a plutôt tendance, au début, à la vivre comme une privation de ce qu’il considérait jusqu’alors comme les plaisirs de la vie. Cet état, qui signe le processus de déstructuration/ restructuration de ses corps physique et éthérique, peut aller temporairement jusqu’à se sentir privé des assises habituelles que sont les compétences sociales voire les facultés mnésiques développées au cours de l’existence. La perte des codes de sociabilité et des couches de mémoire peut là aussi être vécue du point de vue de l’égo comme des atteintes à son intégrité. Pourtant, avec le temps, l’individu comprend que ces transformations sont le produit d’une transmutation profonde à l’œuvre qui l’oblige à supporter seul sa propre lumière pour, à terme, agir dans le monde selon sa propre vibration et non plus selon ses anciens schémas de pensée qui le limitaient dans une fausse identité de lui-même.
Sandrine Vieillard