Lorsque l’individu comprend qu’autrui est un vecteur potentiel d’intégration du réel en lui, il se libère alors de toutes les sources de diffraction susceptibles d’utiliser ses énergies pré-personnelles pour l’amener à se disqualifier ou à disqualifier autrui. Cette libération équivaut à une prise de pouvoir sur les forces descendantes qui polarisent la perception que l’individu à de lui-même et d’autrui. Ce faisant, l’individu gagne en transparence et n’est plus préoccupé par le besoin de se sécuriser par des fuites psychologiques consistant à juger, à se sentir victime, à se défendre, à se justifier, etc. C’est-à-dire à vouloir avoir raison. Plus l’individu comprend que cette tendance le noie sous un flot de masques qui le piègent et le figent dans une expression de lui qui n’est pas réelle, plus il est à l’affut des tensions internes qui peuvent le conduire à vouloir se sécuriser à travers ses schémas de fuite psychologique habituels. Conscient de cela, l’individu peut alors exercer sa volonté et son discernement pour ne plus se laisser piéger, c’est-à-dire pour ne plus laisser ses relations interférer par des forces qu’il pensait ne pas pouvoir maîtriser du fait de sa fascination ou de sa crainte de l’occulte. En rétablissant un rapport d’égal à égal avec l’invisible, l’individu parvient avec le temps à déjouer les pièges qui créent de la division entre lui et autrui. Il annihile alors toute forme de domination et parvient à se rapprocher de l’essence de ce qu’il est et de l’essence de qui est l’autre.
Sandrine Vieillard