L’individu qui sent la nécessité de s’arracher aux multiples conditionnements de l’existence est amené à plus ou moins longue échéance à faire l’expérience d’un dépouillement dans tous les domaines de sa vie. Ce n’est jamais l’égo de l’individu qui décide un matin de renverser les points d’appuis qui l’ont sécurisé toute sa vie. Il s’agit d’un mouvement vaste, puissant, total qui s’impose à lui et qu’il reconnaît à la longue comme émanant de lui-même, c’est-à-dire du réel en lui. Le dépouillement que cela engendre passe par une expérience psychique et corporelle qui part du centre absolu d’un soi jamais exploré auparavant. L’individu n’a alors pas d’autres possibilités que de retirer progressivement les innombrables voiles de sa personnalité pour ressentir ce centre et commencer à l’utiliser comme la boussole absolue de son savoir. Ce centre est plus solide que l’intuition qui va et qui vient. Il est le pilier du réel en soi. Il est le noyau enveloppé et recouvert de milliers de couches qui sont autant d’années d’histoire d’une humanité qui n’a connu que les lois de la diffraction. Soulever et retirer ces couches équivaut pour l’individu à faire la traversée des souffrances de l’humanité pour en épurer ses corps physique et éthérique en sachant que ces souffrances sont l’expression des énergies d’une source qui a été diffractée pour faire l’expérience d’elle-même dans la matière. Sachant cela, l’individu est alors en mesure de se détacher de ses points d’appuis. Ce détachement qui peut dans un premier temps être vécu comme effroyable et inconcevable, devient, au cours de la transmutation de ses corps un horizon de liberté, d’ouverture et d’extrême sensibilité à tout ce qui est. Ce détachement n’est pas l’indifférence qui demeure une posture psychologique, mais une expansion de soi-même.
Sandrine Vieillard