Il existe des forces extrêmement puissantes profondément ancrées dans la densité de la matière du corps physique de l’homme qui le conduisent, sans qu’il sache que ces forces sont une violation de lui-même, à exercer une domination sur la femme. Cette domination prend des formes très diverses et peut se manifester de manière plus ou moins subtile, allant de la séduction prédatrice à la défiance renouvelée à l’égard de la femme piégée par le sentiment d’être convoitée ou encore par l’impression de ne pas avoir une définition de soi suffisamment solide pour exprimer sa sensibilité. Ces rapports de domination sont le siège de la division immédiate qui s’actualise entre l’homme et la femme. Ils sont si souvent à l’œuvre entre eux qu’ils deviennent inaperçus même lorsqu’ils créent les souffrances habituelles vécues par des femmes qui ne se sentent pas vues dans leur sensibilité et par des hommes qui se sentent dépossédés de leur élan premier vers ce qu’ils pressentaient comme les rapprochant de ce qui est beau en eux. Dans un cas comme dans l’autre, l’homme et la femme se font violer par des forces qui ne leur permettent ni de voir le réel en eux ni de comprendre le réel en l’autre. Dans ces conditions, la division demeure. La souffrance issue de cette division se cristallise et vient consolider les couches épaisses des forces astrales qui maintiennent les individus dans cette absence d’harmonie. Quand l’homme et la femme comprendront qu’ils ont un besoin viscéral de la structure de l’autre pour gagner en liberté intérieure, ils pourront alors décider une fois pour toute de briser l’influence des forces qui les retiennent à un niveau d’intelligence bien inférieur à ce qu’ils peuvent prétendre.
Sandrine Vieillard