L’individu doit comprendre un jour que son corps de désirs renferme la cristallisation des mémoires de toutes les formes d’attachement et de blessure expérimentées jusqu’à ce jour par les femmes et les hommes de cette planète. Il doit comprendre que ces mémoires agissent sur lui avec un tel pouvoir d’attraction qu’elles le maintiennent dans la croyance que ses propres projections constituent la vérité de son rapport à autrui. Cette vérité, faite du besoin égotique de posséder l’autre ou de s’en protéger, aussi parfaitement rationalisée qu’elle soit pour se convaincre et convaincre l’autre, maintient néanmoins l’individu dans un ressenti particulier qui le limite à des schémas psychologiques finissant toujours par créer la division à l’intérieur de lui-même. Cette division omniprésente qui s’impose sur ses relations affectives et sur sa sexualité le dépossède de lui-même et le fait souffrir. S’il tend à se donner raison en considérant que l’autre ou encore l’événement qu’il traverse est la cause de sa souffrance, l’individu continuera à se cogner la tête contre la vitre de ses limitations psychologiques construites pour donner une structure et une justification à la manière dont il expérimente son corps de désirs. Lorsque l’individu commence à sortir tranquillement de ce cadre étriqué en apprenant à se respecter totalement tout en étant capable de voir et de comprendre la sensibilité de l’autre, il comprend que le corps de désirs est un corps caduc dont il doit s’émanciper pour faire cesser en lui toute source de diffraction. Ce faisant, il se rapproche d’une énergie qui harmonise sa relation à l’autre et commence à entrevoir que la sexualité telle qu’il l’a vécue jusqu’alors n’a jamais été le reflet du réel en lui. Il devient alors scient du fait que l’harmonie entre deux individus repose sur une qualité vibratoire libérée de toute forme conditionnée par leur ancien corps de désirs.
Sandrine Vieillard