La peur ou la fascination pour l’occulte sont des pièges tendus à l’individu pour que d’une manière ou d’une autre il se vive comme étant assujetti à quelque chose de plus grand que lui. Dès qu’il craint ou vénère l’invisible, l’individu bascule dans la croyance, c’est-à-dire dans une appréciation polarisée de ce qu’il réfléchit, réflexe qui correspond à la manifestation des multiples facettes de sa personnalité projetées sur le monde. L’ensemble des systèmes de croyance qui se sont cristallisés dans l’individu doit, à terme, être entièrement dissout pour laisser la place à l’élargissement d’un espace psychique au sein duquel il construit son identité réelle. Cette transformation intérieure l’oblige à s’examiner scrupuleusement et en continue pour déceler tout ce qui en lui le renvoie à ses peurs, ses craintes, ses jugements, ses impatiences, ses certitudes, ses doutes, ses interrogations, etc. pour comprendre à terme que rien de tout cela n’est réel en lui. Cet examen de lui-même lui permettra de comprendre qu’il s’agit de voiles, de réactions psychologiques, de réflexes de l’égo dont la fonction est de lui procurer la sécurité d’une identité individuelle et sociale mais qui, en contrepartie, le coupent d’une plus grande dimension de lui-même. L’individu doit avoir été suffisamment chahuté par la vie et avoir été suffisamment confronté à des événements oppositionnels qui ne faisaient pas l’affaire de son égo pour un jour s’arrêter et aller à la recherche de ce qui le met à l’unisson avec une intelligence qui se respecte et respecte l’autre intégralement, quelle que soit la forme que prend l’événement.
Sandrine Vieillard