Il existe une catégorie de mensonges logée dans la psyché de l’individu qui agit chaque fois qu’il se donne raison. Cet acte de se donner raison est la manifestation de ses limites psychologiques fondées sur la sécurité que lui procure l’habitude de polariser tout ce qui est intérieur ou extérieur à lui. Son intellect est mis au service de cette polarité qu’il fait grandir ou qu’il amoindrit en fonction des formes qui lui sont présentées. De cette façon, l’individu devient prisonnier des formes auxquelles il réagit émotionnellement sans comprendre ce qu’il y a derrière. Il peut passer une vie entière à réagir à ces formes sans comprendre les raisons qui le conduisent à vivre tel ou tel événement. À y regarde de plus près, cette condition de l’individu est révoltante parce qu’elle fait de lui un être totalement assujetti au théâtre des événements. En comprenant que tout ce qu’il traverse est orchestré par son esprit afin que son égo prenne la mesure des voiles psychologiques qui s’exercent sur sa psyché, l’individu commencera tranquillement à déjouer la mécanique astrale qui lui fait croire que lui ou autrui n’est pas bon, n’y arrivera pas, est fautif, n’a pas d’énergie, n’a pas d’amour, devrait avoir honte, n’aurait pas dû, etc. Lorsque l’individu comprend et intègre que les pensées viennent d’ailleurs, lorsqu’il expérimente que s’il n’en fait pas le tri elles l’assujettissent dans ses actes et dans le sentiment qu’il a de lui-même, il se donne alors la liberté de s’extraire de sa prison psychologique pour donner de l’expansion à sa psyché. En faisant cela, il découvre le réel en lui.
Sandrine Vieillard