L’individu porte dans ses corps subtil et physique une cristallisation particulière du bagage mémoriel de l’humanité qui lui donne ce que l’on appelle sa personnalité psychologique. C’est avec cette personnalité qu’il se vit intimement quand il est face à lui-même et qu’il ressent et réagit face aux événements de l’extérieur et face à autrui. Ce bagage est qualifié d’involutif parce qu’il est fait de mémoires karmiques, c’est-à-dire de l’ensemble des formes psychologiques limitantes expérimentées dans l’histoire de l’humanité par des égos fondamentalement divisés du fait de l’emprise des forces descendantes sur leur incarnation. Le bagage mémoriel spécifique à chaque individu se manifeste par des schémas psychologiques qui s’actualisent très tôt dans sa vie et auxquels il s’identifie totalement au point de croire qu’ils constituent son essence réelle. Chaque individu porte dans son bagage mémoriel des traumatismes de vies passées qui renvoient à sa déchirure originelle. Lorsqu’il quitte progressivement la prison de son mental pour se brancher à ses ressentis profonds et à son corps physique, l’individu prend conscience qu’ils sont les canaux par lesquels ces traumatismes ressurgissent sous diverses formes, telles que, par exemple, les douleurs névralgiques, les tensions, les blocages d’énergie, etc. L’individu comprend alors que l’expansion de sa conscience ne se limite pas à celle de son espace psychique mais inclut également, parce qu’il est un être incarné, l’épuration des mémoires karmiques dans l’atome de ses cellules. Ce travail de libération des mémoires dans la matière, qui entraine de multiples désagréments physiques, est concomitant des souffrances psychiques de l’égo mis face à des événements oppositionnels qui l’obligent à se défaire de ses croyances pour aller à la rencontre du réel en lui. Ce processus s’opère sur plusieurs années pour permettre aux corps physique et éthérique de l’individu de supporter l’ampleur de leur transmutation.
Sandrine Vieillard