18 L’individu doit apprendre à traquer l’expression des forces descendantes…

L’individu doit apprendre à traquer l’expression des forces descendantes qui créent une fracture entre lui et autrui et par extension une fracture en lui. Ces forces sont particulièrement insidieuses car leur densification dans les corps de l’individu au cours des siècles est telle qu’elles ont fini par se confondre avec son sentiment d’être lui-même. Ce faisant, l’individu incarne les systèmes de valeur que son milieu et son histoire lui ont transmis. Il est de bonne foi quand il croit que sa pensée polarisée lui sert de boussole. C’est à partir d’elle qu’il développe ce qu’il considère être son libre arbitre. Cela devient son espace psychique qui abrite toute la mécanique circulaire de l’argumentation interne lui permettant de se donner raison dans les différentes circonstances de sa vie. Plus il se donne raison, plus il sent qu’il y a quelque chose qui cloche parce que cela débouche irrévocablement sur le conflit intérieur et la discorde avec autrui. Dans cette prison bien gardée par toutes les forces astrales qui se nourrissent des pensées remâchées, l’individu n’a jamais envisagé ni senti ce que cela fait d’être dans le réel de lui-même, c’est-à-dire ce que cela fait d’être exempt de toute polarisation des formes de l’existence. Aucun individu ne peut être blâmé pour cette ignorance car il n’a rien connu d’autre. Il succombe à un tel flux de pensées qu’il ne parvient pas à ouvrir une brèche lui permettant d’examiner ce qu’il serait s’il cessait de se prendre lui-même ou n’importe quelle autre figure comme la mesure de ce qui est vrai ou faux, bon ou mauvais, etc. Quand la brèche est ouverte, par une parole, un texte, ou une révolte intérieure de l’individu qui pressent les servitudes qu’il subit, alors un renversement peut s’enclencher et déboucher sur une désidentification graduelle de soi à l’égard de toute forme qui se présente comme devant être crue. Ne pas croire devient le plus haut degré de liberté intérieure que l’individu se donne pour rencontrer le réel de sa conscience cosmique.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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