Il devient important aujourd’hui, alors qu’un puissant mouvement de compression s’exerce sur la vie des individus, de comprendre ce qu’est la souffrance pour savoir comment l’intégrer et à terme la dépasser. Cette compréhension est déterminante dans la capacité qu’a l’individu de se libérer de ce qui le maintient dans l’inertie d’une souffrance dont les formes changent au gré des événements mais vient, en souterrain, réveiller la même déchirure. Il est souvent fait mention de l’intérêt de savoir gérer les émotions qui rendent la vie difficile dans le but de les contrôler. Cette vision de l’individu face à ce qui le fait souffrir n’est pas réelle. Contrôler pour dissimuler ou amoindrir sa souffrance coupe l’individu de lui-même. Il ne le sait pas car tout autour de lui l’invite à appliquer ce contrôle illusoire qui finit au fil des années par le rendre inapte à se rapprocher de son ressenti. Plus il est coupé de sa sensibilité, plus il résiste à la possibilité de regarder la nature profonde de ce qui le fait souffrir. Il est souvent nécessaire que l’individu fasse l’expérience d’un événement qu’il vivra comme un choc pour qu’il regarde en dedans de lui. Dans ce processus, il cessera alors de chercher à l’extérieur de lui des explications sur qui il est pour graduellement se centrer sur son intériorité et comprendre les subtils rouages mémoriels qui l’emprisonnent dans la répétition des mêmes schémas psychologiques. C’est en sortant des réflexes psychologiques que l’individu pourra comprendre sa souffrance. C’est en cessant de se réfléchir qu’il pourra revivre psychiquement et corporellement l’intensité de sa déchirure afin d’accéder à la compréhension de tout ce qui a été diffracté en lui. En vivant et en comprenant cela, il sera en mesure d’épurer les mémoires traumatiques de l’histoire de l’humanité cristallisées dans ses corps physique et éthérique. Conscient de cela, il s’engagera dans cette traversée pour se donner la liberté de récupérer les énergies diffractées qui ont fait de lui un être divisé vivant dans un monde de division.
Sandrine Vieillard