Quand vient le temps ou l’individu se rapproche de sa vulnérabilité, il sent vibrer en lui une vaste sensibilité qui l’aspire vers un état non manifesté d’où s’origine une perfection absolue. La puissance de cette perfection qui contient tous les possibles est telle que les corps physiques et éthériques de l’individu n’y résistent que parce qu’ils ont pris suffisamment d’expansion pour absorber la très grande énergie qu’elle véhicule. Cette expansion est une force construite à partir de la traversée, la compréhension et l’intégration de toutes les souffrances du mémoriel humain. À l’issue de cette traversée, l’individu n’est ni ébloui ni fasciné par la lumière de cette perfection mais se sent appartenir à une totalité vivante ou tous les points de son intériorité se joignent à tous les points de l’univers. Il appartient alors à un mouvement de palpitation ou la forme et la non-forme alternent à l’infini. À ce stade, l’individu a déjà perdu tous les repères égotiques induisant un agrippement à la forme. Il n’est plus et il est tout. Ce faisant, il ne peut ni dominer ni être dominé. Sa structure interne ayant été épurée de tous les traumatismes du passé propres à amorcer des réactions de rejet, de défense, de repli ou d’agression, il devient transparent à lui-même et à l’autre. Il s’ouvre sans aucune crainte car la bataille qu’il a conduit pour définir qui il était sur les plans le rend indestructible dans sa conscience.
Sandrine Vieillard