L’inquiétude est une forme de diffraction qui œuvre contre la continuité de conscience de l’individu. Elle est considérée comme normale parce qu’elle est omniprésente dans la vie et se banalise d’autant dans les contextes dits de crise. La banalité du sentiment d’inquiétude, la propension avec laquelle elle est considérée comme inhérente à toute femme ou tout homme vivant dans ce monde, est l’ultime perversité des forces descendantes qui s’exercent sur le mental humain. La servitude de l’individu face à l’inquiétude le limite grandement dans sa liberté psychique mais aussi dans sa capacité à s’ouvrir à autrui. Il ne sait d’ailleurs pas comment s’en soustraire sans vivre la culpabilité d’être jugé ou de se croire indifférent. L’acte d’autorité individuelle qui consiste à se libérer des inquiétudes, c’est-à-dire de toutes les pensées mensongères qui font croire à l’individu qu’il est menacé d’une manière ou d’une autre dans son intégrité, est un mouvement mental puissant propre à restaurer son unité intérieure, c’est-à-dire sa souveraineté face aux forces astrales. Cela ne s’apparente pas à un sentiment égotique mais à un changement vibratoire qui permet à l’individu d’élargir son espace psychique afin d’exercer son discernement sur tout ce qui se cache derrière les formes de l’existence. En faisant cesser la petite musique des inquiétudes, l’individu rompt avec des schémas psychologiques sur appris liés à ses peurs héritées du mémoriel involutif humain. En se détachant de ce mémoriel par une dénonciation ferme des pensées et des émotions inquiètes implantées dans sa tête et dans son corps, l’individu se réinvente dans une réappropriation de lui-même et crée les conditions psychiques pour atteindre une émancipation réelle.
Sandrine Vieillard