Les oppressions, les déchirures internes, les colères rentrées, les angoisses réactivées par le contexte d’aujourd’hui maintiennent l’individu dans une souffrance aigüe qu’il ne comprend pas, augmentant ainsi son insécurité. La pression sanitaire qui s’exerce de plus en plus fort peut le pousser, dans l’absence de repère qui se fait jour, à s’accrocher à des formes de récit, à des formes de positionnement qui apparaissent comme le dernier rempart contre la perte totale de son identité. Ce mouvement de compression très puissant l’oblige pourtant à sortir des cadres identitaires habituels pour se libérer de ce qui l’oppresse. Cette sortie s’apparente à un deuil, celui de se libérer du mémoriel de l’humanité qui porte en son sein tous les traumatismes contenus dans les corps physique et éthérique de chaque individu. Cette libération repose sur la capacité de l’individu à se saisir des charges énergétiques descendantes pour les propulser hors de soi, dans un mouvement d’individuation consistant à créer un autre niveau vibratoire propre à s’extraire du marasme mental ambiant. Cette opération est une bataille âpre qui peut déboucher sur la montée en puissance de sa volonté à faire advenir une nouvelle mémoire humaine épurée des traumatismes du passé.
Sandrine Vieillard